"Genethique" rend compte du livre "L'Affaire Jane Roe"

Publié le par L'Homme Nouveau


Dans sa livraison de janvier 2009, le mensuel Genethique (voir ici), publiée par la Fondation Jérôme Lejeune, rend compte du livre L'Affaire Jane Roe dans un long article que voici :

« Livre-événement, "L’affaire Jane Roe, histoire d’une manipulation", raconte comment la femme qui fut, malgré elle, à l’origine de la légalisation de l’avortement aux Etats-Unis est devenue une des plus célèbres porte-parole des pro-life.

L’arrêt Roe vs Wade
A 21 ans, Norma McCorvey, enceinte de son troisième enfant, pauvre et paumée, devient la plaignante, sous le pseudonyme de Jane Roe, dans l’affaire conduisant à l’arrêt Roe vs Wade. Rendue par la Cour suprême le 22 janvier 1973, cette décision a, en déclarant nulle la législation contre l’avortement en vigueur dans l’Etat du Texas, légalisé l’avortement. L’avortement est désormais reconnu comme un "droit" fondamental, induit par la Constitution, et ce nouveau "droit" constitutionnel a force de loi dans tous les Etats qui, jusqu’alors, étaient souverains sur le sujet.


Mensonges et manipulation
Norma McCorvey raconte comment elle a été utilisée par le lobby pro-avortement, elle qui n’a jamais avorté et encore moins été violée, contrairement à ce que lui ont fait affirmer ses avocats, pour apitoyer les juges. "Sarah Weddington [son avocate, NDLR] m’avait clairement fait comprendre, en un bon nombre d’occasions, que je n’étais rien d’autre qu’un nom dans une action judiciaire. Seule Jane Roe comptait pour Sarah ; la véritable Norma McCorvey ne présentait aucun intérêt."

Dans une clinique d’avortements
Après l’affaire, Jane Roe devient directrice marketing d’une clinique d’avortements, chargée de "vendre des avortements". Ici encore les mensonges sont monnaie courante, à l’égard des patientes surtout, sur les délais (plus la grossesse est avancée, plus l’acte coûte cher) et la réalité même de l’avortement. "Nous les assurions qu’elles avaient fait le bon choix, et que, bien sûr ce n’était pas vraiment un bébé ; c’était juste un retard des règles." Le personnel de la clinique aussi se ment à lui-même pour survivre dans "une entreprise déshumanisante par nature". Ils trouvent refuge dans l’alcool et la drogue qui leur permettent de fuir leurs actes : "vous voyez des membres découpés, vous entendez les pleurs des femmes. Impossible de continuer à vous mentir à vous même, du moins pas sans stimulation artificielle. C'est pourquoi les drogues, l'alcool et les plaisanteries lourdes sont si courants à l'intérieur des cliniques. Si nous restions sobres et si nous ne nous moquions pas de nous-mêmes, nous en arriverions à nous voir comme des monstres abominables prenant les petits bébés pour proie".


De la mort à la vie
Alors que la cause de l’avortement est sa seule raison de vivre ("je vis, mange, respire et pense avortement"), l’installation voisine de ceux qu’elle nomme les "terroristes" pro-life marque le début d’une aventure intérieure et spirituelle qui conduira Norma McCorvey à devenir la figure de proue du mouvement pro-vie américain. Sa rencontre avec la fille d’une des militantes d’Operation Rescue, qui avait failli être avortée, la bouleverse profondément : "c’était la première fois que l’avortement se trouvait personnalisé. Je ne voyais plus l’avortement comme un moyen pratique de traiter "les produits de la conception" ou "des règles en retard". Au lieu de cela, l’avortement représentait le "droit légal" de mettre un terme à la vie d’un enfant aussi précieux qu’Emily. Cette jolie petite-fille aurait pu être tuée légalement sans aucune sanction, ai-je pensé - et tout cela était de ma faute". Sans effacer tout ce qu’elle a fait pour obtenir et conserver la légalisation de l’avortement, elle s’engage alors dans le combat pour la vie.
En changeant de camp, Norma McCorvey mesure la force de la haine. Elle note ainsi la différence de comportement des médias à son égard : "auparavant quand j’étais Jane Roe, plaignante dans l’affaire Roe contre Wade, j’étais en quelque sorte le chouchou des médias. (…) Maintenant j’étais "Norma McCorvey, chrétienne extrémiste", l’ennemie".

L’arrêt Doe vs Bolton
Promulgué le même jour que l’arrêt Roe vs Wade, l’arrêt Doe vs Bolton, en définissant la santé de la femme de manière vague, levait les rares restrictions mineures mentionnées dans Roe. "Du jour au lendemain, l’avortement était devenu légal partout, pendant les neuf mois de grossesse – pour pratiquement n’importe quelle raison – grâce à Jane Roe et à Mary Doe." Plaignante dans l’affaire conduisant à l’arrêt Doe vs Bolton, Sandra Cano a un parcours assez similaire à celui de Norma McCorvey : manipulée elle aussi, elle n’a jamais voulu avorter.
Le 23 mars 1997, toutes deux désavouent publiquement leur rôle dans "la tragédie de l’avortement". Ensemble, elles se battent pour renverser les arrêts qui portent leurs noms. "Notre manière de nous y prendre c’est de montrer que la vie et les droits des femmes n’ont ni progressé, ni augmenté, mais qu’ils ont au contraire été détruits par l’avortement sur demande. Nous rassemblons des témoignages destinés à être produits en justice, de femmes que l’avortement a meurtries, de femmes qui sont convaincues que le vrai féminisme est pro-vie, et de professionnels qui savent que Roe a affaibli le tissu moral du monde judiciaire et médical."
Aujourd’hui, seul un changement du rapport de force au sein de la Cour suprême rendrait, ad minima, aux Etats la faculté de légiférer sur l’avortement. Plusieurs Etats s’apprêtent à défier cette jurisprudence en promulguant des lois restreignant ou interdisant l’avortement, de telle sorte que la Cour suprême, saisie par des particuliers ou des associations pro-choix contestant ces lois, puisse rendre un arrêt contraire à celui de 1973. »

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